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Le pâturage

Le pâturage

Si je vous dis pâturage, vous pensez certainement : « on met les ânes dans un pré, et quand ils auront mangé toute l’herbe de celui-ci, on passe au suivant et le tour est joué ».

Alors c’est en partie vrai mais en un peu plus complexe. Non pas qu’on aime se compliquer la vie à tout prix (même si parfois ça y ressemble), mais il y a quand même deux ou trois petites choses à prendre en compte.


Comme nous aimons voir nos ânes comme des individus à part entière et non juste un troupeau. Nous allons commencer par définir les contraintes par rapport à la santé ou à la personnalité de ceux-ci.


Valentin ayant des soucis de dentition, il doit passer la majeure partie de son temps à la ferme pour avoir un complément de ration en bouchon de foin. Des sorties ponctuelles lui font toutefois du bien, avec celles et ceux avec qui il a le plus d’affinités : Vadore, Rosalie, Diva, Julianna & Hélios.
Rosalie et Vadore ne travaillant pas, ils peuvent rapidement grossir. Il faut donc leur réserver en priorité les terrains les plus pauvres1.
Vadore est un mâle castré mais dominant, il s’est déjà montré agressif envers des jeunes et pourrait l’être à nouveau. Il doit donc être avec des âne·sse·s très indépendant·e·s (comme Diva) ou qui acceptent la place que le chef leur donne sans rechigner (comme Julianna). Mais en même temps, il ne peut se séparer de Rosalie. C’est son binôme depuis son arrivée chez nous en 2013 et il panique si elle est à plus de 5 mètres de lui. (Ah l’amour…)
Julianna est une ânesse de troupeau et déteste la solitude. Plus il y a d’âne·sse·s dans son pré, plus elle est heureuse et confiante. C’est aussi une excellente puéricultrice qui adorera être la nounou des ânons et aider les jeunes mères qui ne savent pas trop comment agir.

Ensuite viennent les facteurs liés à l’élevage et l’éducation des ânons pour qu’il soit bien dans ses sabots et dans sa tête.

Les ânesses gestantes, en congés maternité ou en période de traite seront systématiquement sur la ferme accompagnées de leur petit·e bien entendu. Cela nous permettra d’être plus présent dans sa première année et de lui apprendre ce qu’il peut ou non faire avec un humain. Mais pour être bien dans sa tête, un âne doit être élevé par des ânes. Le contact avec d’autres jeunes sera alors primordial pour qu’ils jouent entre eux et qu’ils prennent leur indépendance vis-à-vis de leur mère. Cependant, nous souhaitons qu’il y ait toujours au moins un adulte dans chaque pré (>5 ans). Cela rassure les ados et évite aux plus jeunes de faire trop de bêtises. Enfin une à deux ânesses vont passer des vacances chez Arcoul’âne pour deux mois, le temps de rencontrer un amour passager.



Et enfin arrivent les paramètres liés aux terrains, à leur végétation et accord passés avec les propriétaires.

  • La durée de mise à disposition : certains terrains nous sont prêtés à l’année, d’autres sur quelques mois, d'autres encore le temps de leur nettoyage, débrouissaillage.

  • La végétation : elle est différente sur chaque pâturage, prairie semée, naturelle, sous-bois… Elles correspondent à des besoins énergétiques différents et n’ont pas les mêmes valeurs nutritionnelles suivant leur stade végétatif. L’herbe jeune sera très riche voir même trop et amène des risques de mauvaise digestion mais surtout de fourbure. De leur côté, les ânes n’ont pas les mêmes besoins toute l’année.

  • La présence d’abris naturels ou construits. Les moins abrités seront à éviter lors de fortes chaleurs ou de tempêtes. Les terrains très arborés seront à vérifier après chaque gros coup de vent.

  • La surface du terrain. Celle-ci va définir le nombre d’animaux pouvant aller sur le terrain en même temps et combien de temps ils pourront y rester sans que cela n’abîme le pré.


Et dernière chose, pour faciliter la gestion de l’eau, des clôtures et du budget essence, nous essayons de ne pas occuper plus de trois terrains à la fois.

Je crois n’avoir rien oublié. Alors on met tout ça dans un bocal, on secoue, on pioche et on voit ce qu’il en ressort en espérant que ce ne soit pas le papier « imprévu ». En réalité, on essaye de prévoir entre 3 et 6 mois à l’avance mais il faut ajuster au fur et à mesure et surtout par rapport à ce que quoi on a aucun contrôle comme la météo.
Et ça donne à peu près ça :

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